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Directive Copyright: tous perdants

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La directive copyright a été votée hier. L’article 11 du rapport Voss instaure un droit nouveau pour la presse qui va pouvoir réclamer à Facebook une rémunération pour tous les contenus partagés sur la plateforme.

Fort de leur « bon droit » les éditeurs se disent que c’est le contenu qui fait la vie des plateformes et que les géants américains n’ont d’autre choix que de se plier à la loi européenne et de payer leur dû. On va donc rire quand lesdits éditeurs de presse se verront pressurés pour négocier un tarif de licence ridicule sous peine d’être bloqués, voire bannis des Facebook et autres Google News.

Quand on voit ce que représente le trafic en provenance des plateformes américaines, il y a zéro chance pour que la directive copyright renverse le rapport de force. Qui osera dire à Apple ou Google qu’il refuse d’apparaitre dans Apple News ou Google News ? Qui va cracher sur ces flux de visiteurs drainés vers les sites à moindres frais ?

Qui aura le courage d’aller au bout de la défiance et refuser de soumettre des dossiers « innovation » au fond Google pour l’innovation ? Les éditeurs ont présumé — à tort — que les plateformes ne pouvaient pas se passer de leur contenu. C’est en fait l’inverse.

Les titres de presse dans leur grande majorité ne peuvent plus se passer du trafic généré par les GAFAs sur leurs sites. Finalement, les auteurs n’auront rien, pas un sou, ils seront exclus de l’équation sans possibilité de renégocier leurs contrats. Les titres seront contraints de casser leurs tarifs pour « bénéficier » d’un accès aux plateformes et tout le monde aura perdu.

Bravo. 🎉 #copyright

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Gerald Holubowicz
http://geraldholubowi.cz
Ancien photojournaliste et web-documentariste primé, je travaille désormais comme chef de produit spécialisé en innovation éditoriale. J’ai notamment collaboré avec le journal Libération, les éditions Condé Nast, le pure player Spicee et le Groupe les Échos/le Parisien. À travers mon site journalism. design, j’écris sur le futur des médias et étudie l’impact des réalités synthétiques — notamment les deepfakes — sur la fabrique de l’information. Après 10 ans d’interventions régulières auprès des principales écoles de journalisme reconnues, j’interviens désormais à l’École de Journalisme et au Centre des Médias de Sciences Po à Paris.