Médiackathon La Montagne.fr au Lab Centre France4 min de lecture

Comment réinventer l’information locale ? C’est la question qui était posée aux participants du médiackathon organisé par la Montagne — groupe Centre France le 28 et 29 avril dernier à Clermont-Ferrand. Résultat, différents formats pensés par 5 groupes pour répondre aux challenges de la presse locale : trouver un nouveau lectorat.

Parmi les groupes de presse en France, il y en a quelques-uns qui montrent des signes positifs d’innovation. La Montagne fait partie de ceux-là. Son Lab a accueilli pendant 2 jours fin avril, une trentaine de designers, de journalistes et de développeurs pour plancher sur de nouveaux formats et redynamiser l’info locale. J’y étais invité avec Damien Van Achter, Sana Sbouai et Lionel Faucher pour mentorer les équipes. L’occasion pour moi de découvrir de l’intérieur les efforts de transformation menés par la Montagne pour adapter son offre aux nouvelles formes de consommation de l’info.

Au centre du dispositif, le Lab Centre France. Situé au cœur du siège de la Montagne, dans une zone où les équipes peuvent se croiser facilement, le Lab incarne à lui seul la volonté de changement du groupe. Fini les décisions « top-down », imposées par une direction isolée des réalités et place à la concertation, à la pédagogie, à la démonstration, au collectif. Il s’agit ici d’emporter l’adhésion des équipes, d’instiller un esprit nouveau, de faire renaitre la curiosité. Les médiackathons font partie d’une panoplie d’outils utilisés pour insuffler un esprit d’innovation au sein de la rédaction. Le journal se tourne également vers les acteurs locaux et tisse un réseau d’amis/partenaires pour co-développer des initiatives hors murs. Le Lab expérimente, prototype et teste les solutions rapidement pour mieux rebondir et entretenir cet esprit de créativité qui manque parfois aux rédactions.

Le chantier s’étire donc dans tous les sens : repenser le projet édito, reprendre l’organisation des plateaux rédactionnels, redéfinir l’engagement de l’audience avec le journal, développer l’interface avec la ville et la région, penser les nouveaux formats, les nouveaux revenus…

Quatre défis ont attiré mon attention :

  • La difficulté de faire bouger tous les 500 salariés du groupe vers un même objectif.
    Si une bonne partie d’entre eux comprennent la nécessité de changer profondément leur façon de travailler ou l’organisation générale du journal, il reste des résistances internes importantes. L’accompagnement et la pédagogie sont au centre des efforts du Lab.
  • Les correspondants locaux, un enjeu important.
    Comme pour beaucoup de titres de PQR, la rédaction repose sur un réseau de correspondant de presse très large, composé de profils et de motivations très différentes. Aider ces correspondants à s’adapter à un nouveau type d’organisation pose un problème de taille aux équipes de la Montagne.
  • La force de l’habitude.
    Faire comme avant parce qu’on a toujours fait comme ça. Comment remettre en question les process, les organigrammes, les workflows, les cultures ? Comment donner aux autres l’envie d’expérimenter, comment raviver la curiosité, le questionnement ?
  • Le renouvellement de l’offre.
    Pour un journal dont la moyenne d’âge du lectorat se situe entre 60 et 70 ans (comme pour tous les journaux de PQR), le renouvellement de l’offre reste l’enjeu prioritaire. Diversification des activités, des formats, proposition de nouveaux services, il s’agit d’inventer son futur et rien ne semble très évident à ce stade.

La fin d’un hackathon reste un moment spécial. En deux jours, les liens se créent, on apprends à se connaitre, on se confronte à l’autre, à ses visions, son projet. Les souvenirs se forment et on se promets de rester en contact, c’est le moment des “friend requests” sur Facebook ou Linkedin, des follows sur Twitter et Instagram. C’est aussi le moment de la présentation devant un jury d’évaluation. Moment intense de stress qui valide un peu l’ensemble de la démarche et permet à chacun de s’évaluer vis-à-vis de soit, vis à vis des autres.

Ce médiackathon n’a pas fait exception. Trois apps, une newsletter et une plateforme plus tard, le résultat reste impressionnant de qualité pour un travail réalisé par des équipes qui ont eu tout à apprendre. Les points manquant comme assez régulièrement sont la dimension économique et de le défaut de focus utilisateur à proprement parlé, mais en 2 jours, peut-on vraiment en exiger autant? Hâte de voir ce que le prochain médiackathon donnera.

P.S: Big up à Cédric Motte, Raphaël Poughon et Quentin Jaud pour l’organisation et l’accueil chaleureux à la Montagne.

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