Deepfakes, nouvelles armes d’illusion massive ? | Réédition 2021

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J’ai décidé de vous proposer une réédition illustrée du mémoire sur les Deepfakes que j’avais présenté pour l’Executive Master Management des médias et du numérique de Sciences Po en 2019. Une version plus agréable à lire, plus aérée que le document initialement mis en ligne.

Bien des choses ont évoluée depuis la soutenance de ce mémoire. Le phénomène a pris de l’ampleur et ce blog tente de suivre l’actualité des médias synthétique. Une réflexion se structure également autour de ce phénomène, tout du moins la mienne évolue au fur et à mesure que j’explore des concepts connexes qui m’aident à comprendre ce qui se trame derrière la complexité technique.

Illustration de la 1ère partie u mémoire

Illustration de la 1re partie du mémoire

La lecture de ce document peut parfois dérouter au regard de ce qui est désormais connu mais il est bon de remettre sa rédaction dans le contexte de l’époque. Fin 2018, début 2019, les deepfakes étaient encore un phénomène de niche sur lequel personne ne se penchait particulièrement (c’est encore un peu le cas au fond). Au rang des solutions évoquées notamment, la blockchain faisait partie des meilleures chances de contrer la “menace des deepfakes”. Depuis, la quasi-totalité des startups créées avec l’espoir d’apporter une solution d’authentification des contenus via la blockchain ont fait faillite et si une initiative menée entre autres par Microsoft avance dans la bonne direction, elle soulève d’autres questions éthiques. La notion de menace elle même a bien évoluée. On est loin de l’infocalypse qu’annonçait Nina Schick dans son livre mi-2019 et l’armageddon auquel tous les observateurs s’attendaient à la veille des élections américaines de 2020 n’a pas eu lieu. Un rapport Biélorusse a affirmé que les Russes préparaient des “fermes à deepfakes” pour militariser l’usage de la désinformation via médias synthétiques, mais aucune source croisée ne vient confirmer cela. Quoi qu’il en soit, c’est probablement ailleurs qu’il faut regarder et c’est davantage la banalisation des médias synthétiques dans leur usage purement récréatif qui posera à l’avenir de plus grands problèmes, habituant une population largement perméable à ce type d’effets visuels à une nouvelle réalité fabriquée par de puissants algorithmes.

Pour autant, il est bon de garder une trace « intacte » de ma pensée à ce moment pour mesurer à l’occasion d’une prochaine publication, quel est le chemin parcouru.

Bonne lecture donc.

 

 

 

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Gerald Holubowicz
http://geraldholubowi.cz
Ancien photojournaliste et web-documentariste primé, je travaille désormais comme chef de produit spécialisé en innovation éditoriale. J’ai notamment collaboré avec le journal Libération, les éditions Condé Nast, le pure player Spicee et le Groupe les Échos/le Parisien. À travers mon site journalism. design, j’écris sur le futur des médias et étudie l’impact des réalités synthétiques — notamment les deepfakes — sur la fabrique de l’information. Après 10 ans d’interventions régulières auprès des principales écoles de journalisme reconnues, j’interviens désormais à l’École de Journalisme et au Centre des Médias de Sciences Po à Paris.