Mémoire de fin d'Études

Executive Master spécialisé Management des Médias et du Numérique | Sciences Po 2019

Couverture du Mémoire "Deepfakes, nouvelles armes de deception massive" par Gerald Holubowicz
« L’universalité des hommes se repaît de l’apparence comme de la réalité ; souvent même l’apparence les frappe plus que la réalité même » 
– Machiavel, Discours sur la première Décade de Tite-Live, 1513-1520

Avant propos

La place de l’image dans notre société « iconocentrée » est envahissante, totalisante, omniprésente. Jusque-là, pas de révélation poignante. Grace à une manipulation experte et quotidienne des images, nous nous inventons de « fausses vies » sur les réseaux sociaux ; nous laissons le web s’emparer quotidiennement de notre intime et valider une réalité complètement distordue. Si le commun des mortels peut arriver à nous faire avaler à travers les photos qu’il déballe sur Instagram une version édulcorée de sa vie, que se passe-t-il quand des professionnels de l’image s’affairent à fabriquer de fausses informations ?

Nous nous attaquons à un sujet que tout journaliste, tout enquêteur, tout philosophe a essayé de percer à jour : quelle sont les limites de la représentation du « vrai » ? Nous sommes pleinement conscients que ceci mériterait une étude beaucoup plus approfondie et c’est pour cela que nous allons nous concentrer sur les dérives modernes de la question, en essayant d’expliciter le phénomène des deepfakes, ces nouvelles vidéos qui détournent la réalité, et la nouvelle pierre qu’elles apportent à l’édifice du « vrai faux » ou plutôt du « faux vrai ». Cependant, pour ce faire, nous ne pouvons pas nous épargner une contextualisation des moments marquants de la représentation du vrai dans l’histoire iconographique moderne. En passant par Vermeer et le réalisme de ses peintures jusqu’aux premiers photographes et les premiers cinéastes nous explorerons ensemble le lien qui se tisse tout au long du XIXème et du XXème siècle entre le public occidental et l’image. Nous verrons en effet avec le présent travail comment l’image, qu’elle soit statique ou en mouvement, a toujours posé un souci de véridicité. Le but de ce mémoire est donc de proposer une réflexion transversale sur l’influence des deepfakes ou « médias de synthèse » sur la société dans un contexte désormais qualifié – à tort ou à raison – d’ « ère de la post-vérité »

La nature profondément technologique des « médias de synthèse » questionne tout d’abord les circonstances de leur émergence. Quels sont les événements qui ont mené à leur développement ? Sont-ils des objets résolument innovants ou les dignes héritiers des médias de propagande ? Et, surtout, sont-ils technologiquement mûrs ou font-ils partie des premiers représentants d’une nouvelle forme de médias ?

Pour saisir l’incroyable complexité de ce phénomène, on ne saurait faire l’impasse sur notre rapport aux médias plus conventionnels qui, au fil des décennies sont devenus vecteurs de culture et piliers de nos raisonnements contemporains. En observant l’influence qu’ont ces formes médiatiques sur notre société, il sera plus aisé de considérer les conséquences potentielles qu’auront les « médias de synthèse ». De la même façon, nous observerons notre rapport à la « vérité » qu’est supposé véhiculer le médium.

Pour lire la suite, téléchargez le mémoire
Couverture du Mémoire "Deepfakes, nouvelles armes de deception massive" par Gerald Holubowicz

Mémoire de fin d'Études

Executive Master spécialisé Management des Médias et du Numérique | Sciences Po 2019

« L’universalité des hommes se repaît de l’apparence comme de la réalité ; souvent même l’apparence les frappe plus que la réalité même » 
– Machiavel, Discours sur la première Décade de Tite-Live, 1513-1520

Avant propos

La place de l’image dans notre société « iconocentrée » est envahissante, totalisante, omniprésente. Jusque-là, pas de révélation poignante. Grace à une manipulation experte et quotidienne des images, nous nous inventons de « fausses vies » sur les réseaux sociaux ; nous laissons le web s’emparer quotidiennement de notre intime et valider une réalité complètement distordue. Si le commun des mortels peut arriver à nous faire avaler à travers les photos qu’il déballe sur Instagram une version édulcorée de sa vie, que se passe-t-il quand des professionnels de l’image s’affairent à fabriquer de fausses informations ?

Nous nous attaquons à un sujet que tout journaliste, tout enquêteur, tout philosophe a essayé de percer à jour : quelle sont les limites de la représentation du « vrai » ? Nous sommes pleinement conscients que ceci mériterait une étude beaucoup plus approfondie et c’est pour cela que nous allons nous concentrer sur les dérives modernes de la question, en essayant d’expliciter le phénomène des deepfakes, ces nouvelles vidéos qui détournent la réalité, et la nouvelle pierre qu’elles apportent à l’édifice du « vrai faux » ou plutôt du « faux vrai ». Cependant, pour ce faire, nous ne pouvons pas nous épargner une contextualisation des moments marquants de la représentation du vrai dans l’histoire iconographique moderne. En passant par Vermeer et le réalisme de ses peintures jusqu’aux premiers photographes et les premiers cinéastes nous explorerons ensemble le lien qui se tisse tout au long du XIXème et du XXème siècle entre le public occidental et l’image. Nous verrons en effet avec le présent travail comment l’image, qu’elle soit statique ou en mouvement, a toujours posé un souci de véridicité. Le but de ce mémoire est donc de proposer une réflexion transversale sur l’influence des deepfakes ou « médias de synthèse » sur la société dans un contexte désormais qualifié – à tort ou à raison – d’ « ère de la post-vérité »

La nature profondément technologique des « médias de synthèse » questionne tout d’abord les circonstances de leur émergence. Quels sont les événements qui ont mené à leur développement ? Sont-ils des objets résolument innovants ou les dignes héritiers des médias de propagande ? Et, surtout, sont-ils technologiquement mûrs ou font-ils partie des premiers représentants d’une nouvelle forme de médias ?

Pour saisir l’incroyable complexité de ce phénomène, on ne saurait faire l’impasse sur notre rapport aux médias plus conventionnels qui, au fil des décennies sont devenus vecteurs de culture et piliers de nos raisonnements contemporains. En observant l’influence qu’ont ces formes médiatiques sur notre société, il sera plus aisé de considérer les conséquences potentielles qu’auront les « médias de synthèse ». De la même façon, nous observerons notre rapport à la « vérité » qu’est supposé véhiculer le médium.

Derniers posts

Médias de synthèse et Deepfakes, bibliographie

Voilà plus d’un an, je me suis lancé dans le cadre de la formation Executive Master spécialisé Management des Médias et du Numérique à Sciences Po dans l’étude des médias de synthèse qu’on connait désormais sous le nom de Deepfakes.
LIRE la suite

Exemples récents 

À propos .

LES DEEPFAKES BOULEVERSENT LE RÉEL
Les Deepfakes et les médias de synthèse bouleversent notre perception du réel et promettent de jeter le doute sur tous les contenus numériques auxquels nous allons avoir à faire. Ces nouveaux formats, générés par des technologies issues du champ de l’intelligence artificielle défient nos sens, mélangent les visages, imitent les voix que nous connaissons pour le meilleur (le secteur des effets spéciaux au cinéma) et pour probablement pour le pire (manipulations personnelles, politiques et économiques). 
Les Deepfakes et les médias de synthèse bouleversent notre perception du réel et promettent de jeter le doute sur tous les contenus numériques auxquels nous allons avoir à faire. Ces nouveaux formats, générés par des technologies issues du champs de l'intelligence artificielle défient nos sens, mélangent les visages, imitent les voix que nous connaissons pour le meilleur (le secteur des effets spéciaux au cinéma) et pour probablement pour le pire (manipulations personnelles, politiques et économiques). 
ÉTUDIER LES DEEPFAKES
Alerté dès le mois de janvier 2018 par divers articles et alertes sur Reddit de l’existence de ces nouveaux types de fake news, j’ai entrepris d’étudier le phénomène des « médias de synthèse » et plus particulièrement des « deepfakes » dans le cadre de la rédaction du mémoire de fin d’études de mon cursus à l’Executive Master de Sciences Po spécialisé Management des médias et du numérique. Sans certitude sur la dangerosité de ces médias générés par les réseaux neuronaux et l’intelligence artificielle, j’observe et tente d’analyser la progression rapide du phénomène dans la sphère publique et sur Internet ainsi que le bruit médiatique qu’elles génèrent. L’objet de cette page deepfake.media est de comprendre les bouleversements dans notre perception du réel et notre fabrique du consensus social causés par les médias synthétiques.
Alerté dès le mois de janvier 2018 par divers articles et alertes sur Reddit de l’existence de ces nouveaux types de fake news, j’ai entrepris d’étudier le phénomène des « médias de synthèse » et plus particulièrement des « deepfakes » dans le cadre de la rédaction du mémoire de fin d’études de mon cursus à l’Executive Master de Sciences Po spécialisé Management des médias et du numérique. Sans certitude sur la dangerosité de ces médias générés par les réseaux neuronaux et l’intelligence artificielle, j’observe et tente d’analyser la progression rapide du phénomène dans la sphère publique et sur Internet ainsi que le bruit médiatique qu’elles génèrent. L’objet de cette page deepfake.media est de comprendre les bouleversements dans notre perception du réel et notre fabrique du consensus social causés par les médias synthétiques.
Nicolas Cage devient Rick Astley ( survolez la vidéo )

Nicolas Cage devient Rick Astley
( Tap ici pour changer l'image )