Salvador Dali, plus vrai que nature grace aux deepfakes2 min de lecture

Le Dali Museum de Saint Petersburg en Floride a décidé de faire revivre le maitre de la peinture surréaliste, Salvador Domingo Felipe Jacinto Dalí i Domènech. 

Le résultat est saisissant, c’est un Dali plus vrai que nature qui accueille les visiteurs du Dali Museum. L’expérience est décrite récemment dans les colonnes des journaux du monde entier montre l’exceptionnelle qualité du fake Dali. Entre les fausses vidéos pornos de Daisy Ridley ou Gal Gadot et cette nouvelle expérience, le même lien: l’intelligence artificielle qui anime les deepfakes.
Le Dali Museum et Goodby Silverstein & Partners, un studio de création basé à San Francisco, sont les créateurs de cet incroyable programme qui utilise près de 125 vidéos différentes pour une durée totale de 45 minutes et permet 190,512 combinaisons. Chaque visiteur a donc l’occasion de vivre une expérience unique.

Pour en arriver à tel résultat, Goodby Silverstein & Partners a utilisé des algorithmes de deep learning qui ont analysé pendant  1000 heures près de 6000 images d’archives provenant de films et de vidéos prises de Dali vivant. Les dialogues ont été tirés des citations, notes et déclarations du maître enregistrées pendant près de 30 ans et sont synchronisées sur la vidéo afin d’obtenir le maximum de réalisme.

Cette incroyable reconstitution rappelle celle de Peter Cushing dans Rogue One que les studios de Disney ont ramené à la vie pour incarner Grand Moth Tarquin. La différence notable réside dans le fait que le général de l’étoile de la mort était interprété par un véritable acteur dont les traits – similaires – servaient de base à l’image synthétique.

Dans cette version de Dali, aucun acteur n’a été impliqué dans la réalisation et pourtant, Dali semble bien vivant.

Comment dès lors ne pas imaginer les studios s’emparer des figures des célébrités passées? LaurenBacall, Steve McQueen, Elvis, Anton Yelchin ou Heath Ledger pourront-ils être ainsi ramenés à la vie dans des prochaines production ciné grand public ? Au delà de la performance technologique qui reste admirable, on peut s’interroger sur l’aspect plus philosophique du phénomène. Les acteurs, les artistes, les célébrités ont-elles le droit au repos? Salvador Dali, guide de son propre Musée, n’est ce pas un peu comme Ronald Reagan serveur du Café 80 de retour vers le futur, une trahison du personnage, une imposture qui ne sert ni la mémoire collective ni la compréhension de l’oeuvre?

Si en surface cette nouvelle initiative reste évidement extrêmement sexy et plaisante, il n’en reste pas moins qu’elle soulève les même questions éthiques que les autres productions de média synthétique.

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